Champagne et vinification : comprendre l’inox et le bois
Le rôle de la cuve inox
La cuve inox, introduite à grande échelle en Champagne dans les années 1960, s’est rapidement imposée. Son principal atout : elle permet de vinifier à température contrôlée, dans un environnement neutre, hermétique à l’oxygène. Le résultat ? Des vins empreints de pureté, où le fruit, la tension acide et la fraîcheur dominent. Cela est particulièrement recherché pour la production de champagnes de style moderne, ou pour sublimer les caractéristiques d’un cépage ou d’un terroir précis sans “maquillage”. 75 % des volumes champenois sont aujourd’hui vinifiés en cuve inox (source : Comité Champagne).
L’élevage sous bois : fûts, demi-muids et foudres
Le bois, autrefois omniprésent avant l’arrivée de l’inox, refait surface à la faveur de la mode du “goût retrouvé” et du désir d’authenticité. Le champagne vinifié et parfois élevé sous bois (généralement fûts de chêne de 205 à 600 litres, parfois grands foudres de plusieurs milliers de litres) profite alors :
- D’une micro-oxygénation maîtrisée, le bois étant légèrement poreux
- D’un apport de matières provenant du bois neuf ou usagé (tanins, composés aromatiques)
- Souvent d’un surcroît de complexité en bouche et d’un spectre aromatique élargi (épices douces, vanille, notes grillées, noisette…)
Aujourd’hui, la vinification sous bois concerne environ
8 à 10 % des champagnes produits. Certaines maisons poursuivent cette tradition sur tout ou partie de leurs volumes, tout comme nombre de vignerons indépendants (source : Gert Crum, "Le Champagne").