Que disent les études scientifiques ?
Le sujet des vibrations sur le vieillissement du vin a suscité, depuis les années 1960, une littérature discrète mais rigoureuse, surtout chez les œnologues allemands, autrichiens et suisses, pays marqués par leur proximité avec le transport ferroviaire. Dès 1976, Gruber et Daumann (source : Deutsches Weinbaujournal) alertaient sur la perte d’intensité aromatique et d’effervescence dans des blancs mousseux transportés sur de longues distances sous vibration.
Plus récemment, un article du Bull. OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin), 2015, rapporte des tests sur la conservation de vins effervescents exposés à des vibrations de 4 Hz et 7 mm/s durant 20 à 30 jours :
- Perte de pression jusqu’à 0,3 bar (soit 5 à 7% de la pression totale)
- Légère diminution de la persistance de la mousse au service
- Aucun effet notable sur la couleur ou la limpidez du vin
Autre résultat remarquable : un travail mené par Gérard Liger-Belair, physico-chimiste spécialiste de l’effervescence à l’Université de Reims, indique que
des vibrations continues accélèrent la migration du CO2 vers le goulot, favorisant ainsi les déperditions (source : Le Vigneron Champenois, 2018).
Pour autant, la plupart des études convergent : ce sont les vibrations de forte amplitude et longue durée qui ont des effets mesurables, comme lors de transports en camions sur routes dégradées, ou pendant les expéditions intercontinentales. Les effets de vibrations faibles et courtes (musique, passage de métro occasionnel) semblent négligeables pour une consommation rapide.