Chardonnay et Pinot Noir : compréhension de leur potentiel de garde
Le vieillissement dépend d’abord du cépage. Le chardonnay de la Côte des Blancs, récolté sur des terroirs crayeux, conserve une acidité naturelle élevée. L’acidité joue le rôle de “colonne vertébrale” du vin lors de la garde, protégeant la fraîcheur et facilitant l’évolution vers des notes tertiaires (noisette, brioche, moka, parfois cire d’abeille).
Le pinot noir (Montagne de Reims) apporte structure, corps, fruité et, sur certains terroirs (Ambonnay, Bouzy), une puissance apte à affronter le temps. Cependant, le pinot noir vieillit différemment : il développe des arômes de fruits mûrs, de sous-bois, de cuir, et parfois même une certaine “oxydation élégante”.
-
Acidité : Elle est en général plus marquée dans les champagnes de chardonnay (Côte des Blancs) que dans ceux dominés par le pinot noir.
-
Polyphénols : Les pinots noirs, du fait de leur peau plus épaisse, apportent davantage de tannins et donc une certaine résistance à l’oxydation.
Le consensus parmi les œnologues (voir “Le Champagne”, Comité Champagne, 2021) est que la capacité de garde dépend moins du cépage seul que de l’équilibre entre acidité, structure phénolique, maturité à la vendange et vinification.